Entre démarche volontaire et obligatoire : la liberté de faire bien

La très récente controverse sur le port du masque obligatoire dans les lieux publics est pour le modeste auteur que je suis un parfait exemple pour illustrer la place de ce que j’enseigne : l’éthique.

Le rapport, j’en conviens, peut ne pas sembler évident de prime abord. En réalité il s’agit bien de l’approche qui me parait être commune.

L’obligation de porter un masque dans les lieux recevant du public, ou lieux publics suivant les termes qui seront retenus dans le texte à venir, nait de la volonté du gouvernement de protéger les français et donc d’éviter autant que faire se peut la contamination des uns par les autres. Peu nous importe ici de savoir c’est la volonté première du gouvernement, d’un conseil scientifiques ou de tout autre instance à avis médical.

Le fait est qu’il sera obligatoire, nous dit-on, de porter un masque le premier août. Ou, désormais 10 jours avant… le temps de préparer les textes réglementaires (décret) pour rendre applicable et opposable la mesure.

Les français, ou certains d’entre eux, ne comprennent pas pour quoi ce n’est pas immédiat.

Sans, là non plus, débattre sur le délai de rédaction d’un décret portant des mesures sanitaires et sa publication au J.O. , ce qui devient obligatoire à la date d’entrée en vigueur n’est pas pour autant interdit avant.

Comme il s’agit d’une mesure de bon sens, chacun est libre de porter un masque dés avant le décret. Critiquer ainsi une date future pour quelque chose que l’on peut soit même anticiper n’est pas crédible.

Il est donc possible, voire même souhaitable, de porter, continuer à porter, ou remettre un masque avant l’obligation.

L’obligation ici contient un intérêt d’opposabilité et permettra soit d’interdire l’entrée dans les lieux déterminés des personnes non pourvues de masques, soit (mais aussi) de dresser procès-verbal pour non respect des règles. Base réglementaire pour établir la contravention.

Avant l’obligation de mettre des ceintures de sécurité, il était loisible de les attacher…de même pour les ceintures de sécurité à l’arrière avant que cela ne devienne obligatoire, ou encore les limites de vitesse.

L’éthique ? c’est pareil : c’est une conduite morale ou un ensemble de règles que l’on s’auto-définit et s’auto-applique (oui, l’éthique diffère parfois de la politique où il s’agit de s’appliquer ce que l’on décide)

Appliquer des régles éthiques à son entreprise dans ses relations avec les con-contratctants, avec les tiers, à son association ou son organisation, c’est prendre avant que la loi ne vienne un jour (hypothètique d’ailleurs) légiférer et rendre obligatoire certains modes de fonctionnement.

Porter un masque avant que d’y être contraint, c’est avoir la liberté de faire bien les choses et être un individu responsable (nous n’avons guère d’engouement pour la très courante expression “prendre ses responsabilités“)

S’engager dans une démarche éthique, cela a beaucoup plus de valeur lorsqu’on est libre de le faire que lorsque l’on ne l’est plus…

L'homme au Masque de Fer
L’homme au masque de fer, l’un des premiers à être véritablement obligé de porter un masque

On pourrait s’interroger sur le changement de nature s’opérant lors de l’intégration dans les codes (Santé Publique par exemple) par exemple de certains codes d’éthique ou de déontologie de certaines professions..

Sortez masqués avant l’heure. Avoir raison avant les autres peut parfois sauver !

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