Transparence en Santé : Au tour des “influenceurs”

 Le journal officiel vient de publier le décret définissant les informations que les entreprises doivent rendre publiques dans le cadre des conventions passées avec les «influenceurs». 

Le décret est pris en application de l’article 78 de la loi no 2019-774 du 24 juillet 2019 relative à l’organisation et à la transformation du système de santé et vient achever une série de textes concernant l’application de la transparence aux influenceurs en ce qu’il ajoute:

« d) Lorsqu’il s’agit d’une personne mentionnée au 7° bis du I de l’article L. 1453-1, [il est précisé] la dénomination sous laquelle il exerce son activité d’influence ; »

JORF n°0303 du 31 décembre 2019

Une petite précision pour compléter utilement l’obligation de rendre publique les conventions passées avec “7° bis Les personnes qui, dans les médias ou sur les réseaux sociaux, présentent un ou plusieurs produits de santé, de manière à influencer le public ;”

Ainsi donc les noms seront complétés par le nom affiché sur les réseaux. cela semblait évident mais c’est mieux une fois écrit. Tout le monde ici fait le lien entre mon mon identité et mon pseudo twitter @gdedurat mais ce n’est pas le cas pour tout le monde.

La question qui se pose désormais.. est la définition juridique d’un “influenceur”.

L’influenceur ici n’est pas ce que l’on a considéré pendant longtemps sous un acronyme anglosaxon un “Key Opinion Leader”. le fameux “KOL” étant un médecin, ou professeur de médecine dont l’opinion, par ses travaux, ses publications, ses interventions est d’importance pour une entreprise qui cherchent à promouvoir ses produits.

L’influenceur sur les réseaux sociaux doit-il être un professionnel de santé trés suivi …ou quelqu’un qui parle de santé et de produits sans être forcement inscrit à un ordre quelconque (le quelconque ici n’étant pas péjoratif vous l’aurez compris)

Trust me..

Nous aimons, nous autres sur les réseaux sociaux dont twitter au premier chef, être considérés comme des influenceurs.. et figurer, qui dans classement des comptes les plus suivis, qui ayant le plus grand nombre d’impressions, ou qui encore ayant un compte “vérifié”… autant de critères différents et subjectifs pour définir l’influence réelle.

Dans une délibaration du 12 décembre dernier il est relevé que le (projet de) décret “résume” la définition posée par la loi par le terme « influenceur », dont il entérine ainsi la définition juridique.

Parfois envisagée, jamais aboutie, les influenceurs que nous sommes doivent-il s’affranchir d’un code d’éthique…!?

En effet, l’influenceur n’appartient ni à un Ordre professionnel, ni ne détient une carte de presse (enfin pas toujours) mais les plus “responsables” ne font pas la promotion de tel ou tel produit sur les réseaux sociaux. Pour autant les influenceurs ne sont pas regroupés au sein d’une association. Au mieux derrière un hastag (mot dièse pardon).

Néanmoins les réseaux sociaux sont de plus envahis par de nouveaux acteurs qui se convertissent au digital et voient une nouvelle opportunité de toucher directement le public. En revanche il me semble que si la communication sur les réseaux sociaux se doit de respecter des règles de “transparence”, il n’est toujours pas résolu le problème majeur, à mon sens, que constitue les fakes news et informations sur des médecines alternatives qui sont extrêmement dangereuses pour la population. L’arsenal législatif se doit d’être aussi complété sur ce point.

Pour une definition non juridique de l’influenceur :

Dans le monde du web, on appelle influenceur une personne dont les écrits sur une marque ou un produit sont susceptibles d’influencer le comportement d’un nombre significatif de consommateurs. Version moderne du leader d’opinion, l’influenceur blogue et tweete.

https://www.1min30.com/dictionnaire-du-web/influenceur

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